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Exposition” De la nuit et du brouillard” de Artur Heras au Centre du monde

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L’exposition De la nuit et du brouillard est le fruit de la collaboration entre Anacleto Ferrer, professeur de l’Université de Valence (Espagne) et l’artiste plasticien Artur Heras du 20 Janvier au 31 Mars 2024

Artur Heras est bien connu déjà des Perpignanais pour avoir exposé ses œuvres plusieurs fois Acentmètresducentredu-monde.
Pour lui, l’art n’est pas seulement une recherche esthétique, c’est un langage. Et il a beaucoup à dire.

A l’origine de cette exposition se trouve une série de dessins basés sur les archives policières des camps de concentration nazis entreprise par l’artiste durant les mois d’enfermement de la pandémie. Quand la mort rôde, sans doute est-il naturel de se tourner vers ses racines. Etant né en 1945, il cherche donc, à travers les images qu’il compile et recrée, ce que fut ou comment fut le monde sur lequel il a ouvert les yeux.

En Espagne où la guerre civile n’a pris fin que récemment, c’est celui de la supercherie. L’école, l’Eglise,
les médias présentent les vainqueurs comme les défenseurs de la civilisation alors qu’ils remplissent encore
et encore des fosses communes clandestines de fusillés officiels ou anonymes et les camps de concentration
construits sur le modèle allemand de milliers de prisonniers.

Ailleurs sur la planète, l’horreur ne cesse de se révéler et de s’étendre. Dès janvier, la libération par les
troupes soviétiques des « camps de la mort » de l’est de l’Europe a dévoilé l’ignominie absolue mais jusque là
occultée de ce qu’y furent l’esclavage et le génocide. Mais elle a mis en lumière aussi l’importance de la parti-
cipation des réfugiés républicains espagnols en France dans les rangs de la Résistance. Puis l’horreur gagne
la partie adverse et ce sont les villes inutilement rasées alors qu’elles ne sont pas des points stratégiques, des
milliers de morts civiles injustifiables.

Bien rares sont les artistes plastiques qui ont osé s’attaquer à un tel sujet. Comment exprimer en effet l’inimaginable ? Par quels moyens, par quels procédés techniques de la représentation témoigner du respect qui confine au sacré que l’on porte aux victimes du nazisme ?

Voilà pourquoi cet ensemble d’œuvres n’est pas un documentaire de plus, l’inventaire des données, des circonstances ou des statistiques. Il ne s’agit pas d’apporter des connaissances ni de faire appel à la raison mais de faire naître chez le spectateur la sensation de ces moments et l’art seul peut y prétendre. Ce sont des œuvres réalisées avec des techniques sommaires ou fondamentales dans lesquelles le dessin est l’instrument qui permet de replacer le sujet parmi l’intemporalité de la douleur et de sa représentation au moyen de l’expression artistique nue qui fut la forme primitive du témoignage humain. Témoignage enveloppé d’une poussière noire de fumée, bien éloigné sans nul doute de toute sensualité esthétique.

Certaines œuvres sont groupées à la manière de portraits personnels, individualisés par les uniformes,
différenciés par leur condition de victime ou de bourreau et donc par leur expression. D’autres retracent les espaces, l’architecture occulte de ces non-lieux. Il y a des cartes et des plans similaires à des planches de botanique, traités au moyen du graphite qui évoque la suie de la pluie de cendres. Le blanc, le noir et les multiples nuances du gris. D’autres encore montrent un souci du détail des lieux ou des objets comme la représentation minutieuse, presque vue à la loupe, des wagons à bestiaux ou de marchandises dans lesquels on transportaitles prisonniers.

L’ensemble de tous ces éléments épars compose un manifeste de la douleur et du désordre que provoquent
les humains. Les Désastres de la guerre du XXIe siècle.

 

JOURNAL De la nuit et du brouillard
ACMCM, ed. française
Format 32 x 25,5 cm, 24 pages

 Vernissage de l’exposition le vendredi 19 janvier à partir de 18h30.

TARIFS

Tarif normal : 5 euros

Tarif réduit : 3 euros pour les étudiants de moins de 27 ans, demandeurs d’emploi, personnes handicapées, groupes de plus de 10 personnes, membres des associations des amis de musées perpignanais sur présentation de leur carte d’adhérent et les artistes plasticiens.

-Paiement : espèces ou chèque

Entrée gratuite : pour les moins de 18 ans, les centres de loisirs, les classes accompagnées, étudiants en écoles d’art, d’histoire de l’art ou arts plastiques de moins de 27 ans, les membres de l’I.C.O.M., les membres de l’A.C.C.F. sur présentation de leur carte et la presse.