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Une visite‑excursion commentée par Jean‑Claude Miffre « Calce, Saint‑Paul et ses deux églises », en partenariat avec les Archives départementales.

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Une visite‑excursion commentée par Jean‑Claude Miffre, président de l’association Sant Pau, mémoire et patrimoines de Calce, et Géraldine Malet, historienne de l’art : « Calce, Saint‑Paul et ses deux églises », en partenariat avec les Archives départementales.

Petit historique du village 

Calce, petit village rural de 230 habitants, cache un passé bien plus vaste que son territoire. De l’église Saint‑Paul aux ruines de Saint‑Paul‑le‑Vieux, cette excursion commentée a révélé une histoire millénaire façonnée par la pierre, le vent et la foi.

Le village de Calce  avec une population relativement stable depuis le XIXᵉ siècle. Ce n’est pas un village‑dortoir avec des lotissements. La commune s’étend sur environ 2 500 hectares, à 4 km de Baixas et 15 km de Perpignan, ce qui en fait un espace rural relativement proche d’un centre urbain. Très venté, le territoire est situé dans un environnement calcaire, ce qui influence fortement les paysages et les activités.

Historiquement, le secteur comprend l’emplacement d’un ancien monastère cistercien, témoignant d’un passé religieux et agricole important.
L’activité locale repose en partie sur l’agriculture et l’élevage, avec une organisation des terres et des exploitations qui a évolué mais reste marquée par des structures anciennes. On observe également une certaine stabilité dans les pratiques et les effectifs liés à ces activités ces dernières années.

Calce est un petit village rural, stable démographiquement, avec un territoire étendu, un relief modéré, un passé historique marqué et des activités agricoles encore présentes.

L’église Saint‑Paul
Elle date du XVe siècle, vers 1401.
Dans le secteur de Calce, le paysage et l’histoire locale sont fortement marqués par la présence de ressources minérales, notamment des pierres calcaires et des matériaux de construction. Historiquement, certaines zones ont connu de petits dépôts de charbon, mais ce sont surtout les ressources en pierre qui dominent.

Le territoire est caractérisé par la présence de nombreuses carrières, parfois exploitées depuis le Moyen Âge. Du XIIᵉ au XVe siècle, plusieurs gisements ont été utilisés pour fournir des matériaux de construction dans les villages environnants.
Ces pierres ont servi notamment à la construction d’édifices religieux, de cloîtres (Campo Santo, l’église des Carmes, la cathédrale Saint‑Jean) et de divers bâtiments publics ou privés dans la région de Perpignan.

Une attention particulière est portée au marbre de Baixas, une pierre locale à grain fin, appréciée pour sa qualité mais aussi pour sa complexité.
Ce matériau, issu d’un calcaire métamorphisé, présente des variations de couleur (gris, rose, bleuâtre) et contient parfois des fractures naturelles (brèches) qui compliquent sa taille, le rendant peu homogène et très dur. Ces caractéristiques expliquent qu’il soit utilisé surtout pour la construction, plus rarement pour la sculpture fine, malgré quelques exceptions.

De petites anecdotes au sujet du clocher civil, construit très près de l’église en 1890 pour s’affranchir de celle‑ci, ont jalonné la visite, fort intéressante et riche en détails. Une nef unique, un chevet plat de style gothique, modeste…

 

Les goigs sont un patrimoine vivant des pays catalans : ils racontent la vie des saints.
Les goigs sont un patrimoine vivant des pays catalans : ils racontent la vie des saints.

Le retable de la Vierge, pré‑baroque, provient du couvent des Minimes de Perpignan. Il a été peint en 1624 par Gonzalez Barthélemy.

 

Visite de la cave Face B avec Séverin et Mathilde Barioz pour une dégustation de vins biologiques de Calce, assez difficiles à produire en raison de la dureté du sol.

Repas tiré du sac à la salle polyvalente.

Marche vers Saint‑Paul‑le‑Vieux
Marche jusqu’aux ruines de l’église Saint‑Paul‑le‑Vieux, qui date du XIIᵉ siècle, romane méridionale, et qui fut abandonnée au XVIᵉ siècle, certainement à la suite d’une épidémie de peste.

Au‑delà des monuments, cette excursion a surtout mis en lumière celles et ceux qui font vivre la mémoire du village. Grâce aux explications passionnées de Jean‑Claude Miffre, de Géraldine Malet et des vignerons de Face B, Calce apparaît comme un territoire où l’histoire et les savoir‑faire demeurent bien vivants.