« Les Saisons », l’harmonie fragile du vivant à l’Archipel
« Les saisons » par le Ballet Biarritz, sous la houlette de Thierry Malandain, a enchanté et subjugué le public venu nombreux, plus de 1 000 personnes, le vendredi 2 octobre 2026 pour célébrer cette nouvelle saison culturelle au théâtre de l’Archipel, qui s’annonce pleine de promesses et de belles surprises.
Ce chorégraphe qui aime les marges s’est toujours évertué à développer la danse en banlieue tout en revendiquant un profond attachement au répertoire classique. Ce que prouve ce ballet des saisons en instaurant un dialogue entre deux compositeurs de la même époque, celle du XVIIIe siècle, mais différents tout en étant en harmonie, Vivaldi et Antonio Guido. Ce dernier est moins célèbre, offrant ainsi un autre regard, une autre vision vis-à-vis de ces concertos qui ont parfois été galvaudés par leur usage excessif jusqu’à l’exaspération.
S’inspirer d’une œuvre pour magnifier, dénoncer, méditer et faire réagir sur la fragilité du monde végétal. Telle est la ligne choisie par le chorégraphe.
En 4 tableaux qui célèbrent le cycle des saisons avec pour toile de fond de splendides pétales noirs, immenses, qui ont demandé plus de 2 000 heures de travail, créant ainsi une atmosphère où l’on ressent toute la fragilité du vivant. Une troupe en osmose qui a su faire vibrer d’émotion le public.
Un ballet narratif comme un film, composé de 20 danseurs éblouissants, sensuels, organiques, qui s’enchaînent comme un mille-feuille, tout en déclinaisons, en suggestions, avec des corps ondoyants, parfois fugitifs comme le monde qui s’agite, en perpétuel mouvement.
Le printemps inaugure le cycle des saisons, du renouveau à travers les corps en communion traversés par la musique, sous les différentes nuances comme le vert sombre de l’espérance, le rose… Les saisons s’enchaînent, virevoltantes, teintées d’ombre et de lumière.
On aime les danseurs qui cessent d’être hommes ou femmes, dont les mains sont ailées de noir, comme des corbeaux menaçants devenant tantôt oiseaux, pluie ou vent au gré des contrastes climatiques. Les mains dénoncent, interrogent le monde. Un ballet d’ailes saccadé, frissonnant, qui se courbe en rythme. Une splendeur !
Une quête de l’harmonie avec le chiffre quatre, associé à la création et à l’équilibre, permet cet éloge de la nature en danger, un paradis perdu sous des airs précieux et des envolées lyriques au son vivaldien.
Combien sommes-nous émus, nous qui avons été touchés dans notre département par la brûlure d’un feu dévastateur. On ne peut être que sensible à cet hymne.
Ce qui nous fait penser aux paroles de Charlotte Brontë : « L’espoir, bien que tombé, rejaillit, plein de ressort, indompté ».
C’était sublime !


