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Vernissage de l’exposition « Noir intérieur » de Michel Domerg

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L’œuvre au noir de Michel Domerg 

Le discours du vernissage qui a eu lieu le jeudi 22 janvier  trace le portrait d’un artiste habité, en interrogeant d’abord ce qui fonde toute démarche créative, à savoir la fidélité à son travail, la capacité à porter seul une énergie, une mission intérieure, dans le silence d’un bureau ou la solitude d’un atelier. Il met en lumière une étrange justesse entre des paroles non concertées, comme si une même nécessité intime traversait les voix.
La soirée est placée sous le signe d’un double baptême : celui de la Loge de Mer, consacrée comme lieu d’exposition vivant et vibrant, et celui de l’œuvre de Michel Domerg, qui trouve son souffle, son existence et sa respiration dans la présence du public. Cette exposition est ressentie collectivement, mais elle est aussi profondément intime.
L’artiste est décrit comme à la fois heureux et profondément ému par l’affluence d’amis, d’amateurs d’art. Pourtant, au cœur de cet instant, une autre présence domine : celle de Philippe, son frère aîné disparu depuis plus de quinze ans. Philippe, dont les bureaux se situaient face à la Loge de Mer, aurait pu voir aujourd’hui les œuvres qui lui sont dédiées. Ces mêmes bureaux, autrefois ravagés par un incendie, ont emporté archives, dossiers, peintures et sculptures, un drame fondateur.

De ce deuil, et des épreuves familiales qui ont suivi, est née la vocation artistique de Michel, après une enfance heureuse et des études de droit qui semblaient le destiner à une autre vie.
Dans sa jeunesse, Michel s’est nourri de rencontres artistiques fortes, notamment d’une amitié profonde avec André Torreilles, fréquentant son atelier et découvrant peu à peu la nécessité de peindre. Initié à l’art contemporain par ses frères, il aborde la peinture avec respect et retenue : le pinceau lui apparaît d’abord sacré, presque interdit. Peu à peu, le geste s’impose. Bâtons, brosses, spatules deviennent les prolongements d’une lutte intérieure maîtrisée. Michel pense la forme, la visualise, puis choisit l’outil capable d’y répondre. Ce qui importe avant tout, c’est le geste, l’élan, la grâce, mais aussi les cicatrices laissées sur la surface de la toile.
Ses œuvres, souvent peintes dans une forme de spontanéité masquée, structurée par un équilibre intérieur où coexistent puissance et mystère. Longtemps, il a peint pour lui-même, sans désir d’exposition. Puis, encouragé par le regard des autres et par une reconnaissance progressive, il a ouvert son atelier, et avec lui, son cœur. Un cœur traversé de noir, certes, mais animé par une œuvre profondément vivante, vibrante et résolument humaine, loin de toute complaisance tragique. Du noir surgit la lumière qui éclaire notre vision du monde.

Entrée libre

Du mardi au dimanche de 11h à17h30

Place de la Loge