« Contre-nature » Rachid Ouramdane bouleverse l’Archipel
« Ce qui rend artiste, c’est l’école de l’art et c’est l’école de la vie »
Ainsi s’exprime Rachid Ouramdane pour nous présenter les présences fantomatiques qui peuplent nos vies. Et c’est ainsi que le public de 860 personnes a été conquis et envoûté en accueillant, au théâtre de l’Archipel et avec émotion, la dernière création du chorégraphe, « Contre-nature », le mardi 10 mars 2026.
Ce projet s’inspire de nos failles, de nos fragilités, de deuils successifs. Cela peut paraître sombre, mais il a su nous transporter, avec le groupe, dans un silence ému en convoquant la mémoire à travers des corps en mouvement qui résonnent dans une dimension universelle, les faisant revivre.
Danseurs, acrobates, voltigeurs prestigieux tournoient dans l’univers du chorégraphe jusqu’au vertige. En cela, il est accompagné par le compositeur contemporain Jean-Baptiste Julien, issu du free-jazz et collaborateur de Bertrand Belin. Celui-ci revisite les absences dans ce spectacle immersif, sculpté de sons très fins dans l’espace. Tous ensemble, unis dans cette partition prodigieuse dont les brumes évoquent le souvenir et les âges de la vie, ils évoluent sous une intensité lumineuse nourrie de projections vidéo.
Des successions de tableaux explorent ceux qui sont partis trop jeunes, ce qui est contre-nature, motif central de la pièce. Par la répétition, le chorégraphe approfondit son journal intime, ses obsessions, dans un espace chorégraphique qui suscite le désir et l’attente.
De ce gris-noir brumeux surgissent des ombres blanches troublantes, des corps enlacés, touchants dans l’acte de consoler les âmes chagrines.
C’est aérien, dans un ultime défi à la gravité, où l’on se laisse porter par la grâce et la vitalité qui s’en dégagent, déployant un imaginaire qui nous pousse à entrer dans la danse avec Rachid Ouramdane.
Une émouvante évocation de nos chers disparus, mais aussi une ode à l’art comme inépuisable source d’épanouissement et de jubilation.



