Kessel ou la fureur de vivre au théâtre Jean Piat

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« Écrire pour échapper, pour se noyer, pour continuer à vivre. »  Joseph Kessel

Kessel, la liberté à tout prix
Un spectacle lumineux a eu lieu au théâtre Jean Piat à Canet, le mardi 14 avril, porté par le talentueux Franck Desmedt, qui incarne dans un seul en scène le lion infatigable qu’était Joseph Kessel (Jef).

Kessel et ses multiples vies, toutes vécues avec intensité. L’acteur est fiévreux, exalté « La liberté n’était pas négociable pour Kessel ».  Il faut vivre l’aventure avant de la raconter.
Il fut journaliste, écrivain, résistant, aviateur aussi, aventurier, membre de l’Académie française en 1962. Franck Desmedt est familier des personnages à double identité, multiples, dont une seule vie « ne suffit pas »  comme dans son spectacle Romain Gary.

Un rythme, une diction, une énergie virevoltante, un souffle tourbillonnant pour nous faire ressentir toute l’humanité et la grandeur de cet homme, auteur de 80 livres, très prolifique.
Avec humour, il nous a fait revivre en 1h30 l’épopée et la fougue de Kessel, sous l’égide des airs du Chant des partisans, mais aussi ses zones d’ombre : l’alcoolisme, la culpabilité liée à la mort de son frère Lazare, qui ne sont pas occultées dans le spectacle.

Saluons la mise en scène très astucieuse, qui a permis un voyage tumultueux dans le temps avec peu de moyens : un voilage couleur ivoire, immense, aux effets multiples (tente, vêtement, linceul…), une table et des jeux de lumière.
L’angle du voyage a été choisi pour le narrer (Afrique, Afghanistan, Irlande). Il n’a cessé d’être aux premières loges de l’actualité, voyant les débuts de l’Aéropostale avec Mermoz et Saint-Exupéry. Il suit les trafiquants d’esclaves avec Henri de Monfreid. Une épopée qui donne envie de lire ses ouvrages.

On est séduits par son jeu, émaillé de rencontres fabuleuses, parfois incroyables, de cet ogre raconteur d’histoires, témoin apportant un éclairage sur le siècle avec Les Mains du miracle, Fortune carrée.
Une scène impressionnante avec le discours à l’Académie, la beauté d’un geste, ses fulgurances. Elle se clôt avec cette phrase :  « Je voulais tant dire et j’ai dit si peu ».

Une très belle soirée avec du théâtre vivant, de qualité, qu’il suffit de raconter, sachant qu’aucune vie n’est anonyme.

 

presscat

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