« Don Giovanni » un opéra incandescent qui captive 1 031 spectateurs à L’Archipel

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Après le succès de l’opéra Tosca de Puccini en 2025, le Théâtre de l’Archipel a réitéré avec le célèbre Don Giovanni de Mozart, le dimanche 12 avril 2026. On peut assurer que le public, venu nombreux, plus de 1 031 personnes étaient présentes, a été séduit par la dynamique du collectif.

Avec une mise en scène inventive et surprenante signée Jean‑Yves Ruf, une passerelle au‑dessus de l’orchestre dirigé par Julien Chauvin faisait le lien avec les artistes, partageant une complicité faite de coupes de champagne, de masques, dans un esprit festif… Une osmose communicative et chaleureuse, renforcée par la présence des musiciens directement sur scène au lieu de la fosse habituelle.

Le mythe du séducteur insatiable, victime de la justice divine, contribue à donner ses lettres de noblesse à ce personnage sulfureux qui sème le désordre amoureux et la confusion autour de lui, en jouant avec trois femmes, Donna Elvira, Donna Anna et Zerlina, mais qui sera seul face à la mort.
Ainsi, tout débute par un crime : celui du Commandeur, père de Donna Anna, que Don Giovanni a tenté de duper en se faisant passer pour son fiancé. Découvrant la supercherie, le Commandeur le repousse.

Don Giovanni, interprété par l’impressionnant Anas Séguin, empli de provocations et de contradictions, incite le Commandeur à revenir d’entre les morts pour souper en sa compagnie, signant ainsi sa perte et sa damnation éternelle en enfer. Soulignons un Leporello attachant tout au long du drame qui se profile.

Un opéra basé sur le désir effréné et répétitif qui l’habite et qu’il suscite. Dans tout séducteur se cachent des failles souterraines, une faible estime de soi, dépendante du regard de l’autre, notamment des femmes. Trois figures féminines différentes, mais toutes ardentes et fascinées par cet être unique et multiple, complexe, qui utilise le langage comme art de la séduction.
Tout au long de l’opéra, les lumières ponctuent les scènes, plus ou moins chaudes ou sombres selon les apparitions des personnages. Les costumes de Claudia Jenatsch, tout en élégance, souvent en noir et blanc, illustrent et soulignent l’univers de l’opéra de Mozart. On réalise ainsi que c’est l’ensemble de tous ces métiers, bien coordonnés, qui fait la réussite d’un spectacle. Une troupe de chanteurs lyriques jeunes, fougueux et vibrants provoque une belle alchimie communicative.

Un bel opéra moderne qui nous a enchantés et a été vivement ovationné par le public, montrant ainsi une véritable appétence pour l’art lyrique.

presscat

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