Le musée interrogatif suggère que chaque œuvre constitue une déclaration adressée au public et une question ouverte. À partir de ces interrogations, les réponses sont collectées par l’artiste pour nourrir sa réflexion et donner naissance à des livres. Il s’instaure ainsi un dialogue permanent où la peinture influence l’écriture et l’écriture nourrit la peinture.
Dès les débuts de l’art sociologique, l’artiste adopte un motif récurrent : la main. Ce signe traverse l’ensemble de l’œuvre, des années 1970 à 2026. Héritée symboliquement d’une réflexion sur l’art préhistorique, notamment à travers la figure de l’arrière-grand-père d’Hervé Fischer qui écrit sur ce motif, la main renvoie aux empreintes pariétales des origines.
Mais cette main n’est pas seulement anthropologique : elle est changeante et évolue.
Ainsi elle est :
la main de l’homme et de l’artiste,
la main qui transforme ou impose sa marque à la nature,
la main de la violence sociale, parfois tronquée ou abîmée,
la main qui interroge le monde.
Au fil du temps, sa forme évolue pour accompagner les mutations du monde, comme l’apparition et le choc du numérique, tout en restant fidèle aux grandes interrogations fondatrices de l’œuvre. Car, selon l’artiste, il n’y a pas de progrès en art. Le questionnement demeure, seule son expression se transforme.
La peinture est travaillée comme une forme de pensée à part entière. Chaque toile livre une réflexion autant qu’une image.
Enfin, le travail évolue vers le tweet art. Les anciens tampons sont numérisés, puis transformés en matrices diffusées par voie numérique.
Le tweet devient ainsi un tampon numérique, adaptant les procédés historiques aux nouveaux outils technologiques.
Le parcours se déploie en divers espaces thématiques, chacun articulé autour d’un énoncé percutant « L’histoire de l’art est terminée », « Il n’y a pas de progrès en art », ou encore « ART. Avez-vous quelque chose à déclarer ? « .
Peintures et textes cohabitent sans se commenter, invitant le visiteur à construire son propre regard. Une vidéo retrace également le parcours singulier de Fischer, entre philosophie, sociologie et engagement artistique.
Hervé Fischer n’est pas un inconnu dans la région : ses collaborations avec Claude Viallat, Georges Badin ou encore la librairie Torcatis ont marqué les années 1970. Son retour à Perpignan prend ainsi des allures de retrouvailles artistiques.
Pour toutes ces raisons, l’exposition est intéressante pour quiconque souhaite découvrir une œuvre exigeante mais accessible, où l’art devient un outil pour penser le monde.
Introduction avec Marie-Laure Desjardins, commissaire d’exposition lors du vernissage.
Tarif : 5 euros
Du 01 novembre au 31 mars, ouverture du mercredi au dimanche de 14h à 18h.
acentmetresducentredumonde
3, avenue de Grande Bretagne
66000 Perpignan
Tèl. 04 68 34 14 35
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