La Fête de l’Ours, un héritage catalan où mythe et rite se confondent
Véritable pilier du patrimoine culturel catalan, la Fête de l’Ours plonge ses racines dans une légende médiévale qui raconte la confrontation entre l’homme et la nature sauvage. Au cœur de cette tradition, l’ours incarne à la fois la force brute, la peur ancestrale et les pulsions indomptées. Selon le récit transmis de génération en génération, l’animal surgit des montagnes pour enlever une jeune fille du village. Les habitants, unis dans une chasse symbolique, finissent par capturer la bête.
La suite du rituel est l’un des moments les plus marquants : l’ours est rasé, dépouillé de sa peau et « humanisé ». Cette transformation spectaculaire représente le passage de l’état sauvage à l’ordre social, un thème universel qui traverse les cultures. Dans les villages catalans, ce geste est interprété comme la victoire de la communauté sur les forces obscures de l’hiver, mais aussi comme une métaphore du renouveau, de la fertilité et du retour de la lumière.
Un spectacle vivant où tout le village participe
La Fête de l’Ours n’est pas seulement un récit : c’est une mise en scène populaire où chaque habitant joue un rôle. Les chasseurs, armés de bâtons et vêtus de peaux, traquent l’ours dans les rues. Les jeunes filles, souvent complices du jeu, incarnent la pureté menacée.
L’ours, interprété par un villageois recouvert de suie, de graisse ou de peaux, surgit dans la foule, effraie, bouscule, et marque les participants de traces noires, symbole de vitalité et de chance.
La journée est rythmée par des poursuites, des scènes théâtralisées, des danses, des chants et des rituels codifiés. Le public, au cœur de l’action, devient acteur malgré lui, pris dans l’énergie brute de la fête.
Classée au patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO, cette tradition est l’un des rares rites européens encore vivants qui mettent en scène la figure de l’ours, autrefois omniprésente dans les croyances populaires.
Trois villages, trois façons de célébrer
Chaque année en février, Arles-sur-Tech, Prats-de-Mollo-La-Preste et Saint-Laurent-de-Cerdans perpétuent la tradition, chacun avec ses particularités :
À Arles-sur-Tech, l’ours surgit dans les ruelles étroites et se confronte aux chasseurs dans une ambiance très théâtrale.
À Prats-de-Mollo, la fête est plus structurée, avec un véritable scénario et des personnages codifiés comme les « barbiers » chargés de raser l’ours.
À Saint-Laurent-de-Cerdans, la dimension carnavalesque est plus marquée, mêlant humour, musique et participation massive des habitants.
Trois villages, trois atmosphères, mais un même fil conducteur : célébrer la fin de l’hiver et la puissance du collectif.
Les dates à retenir cette année
Dimanche 1er février – Arles-sur-Tech
Dimanche 22 février – Prats-de-Mollo-la-Preste
Dimanche 1er mars – Saint-Laurent-de-Cerdans
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