Alenya : Vendanges d’octobre ” il faut dire ” le samedi 2 octobre à 18h30

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Inspiré des Lettres de prison de Gabrielle Russier ©Editions du Seuil « L’Affaire Gabrielle Russier » a défrayé la chronique : emprisonnée à deux reprises à cause de sa relation amoureuse avec l’un de ses élèves au lycée, cette femme de 31 ans tiendra tête à une justice qui s’est acharnée contre elle, avant de mettre fin à ses jours. Nous sommes juste après le soulèvement de 1968, le gouvernement cherche à rétablir l’ordre civil et moral.

Gabrielle donne elle-même le ton de la pièce lorsqu’elle écrit à son amie d’enfance : cela tient de San-Antonio et de Racine, cela se terminera peut-être par un fait divers.

Adepte d’un théâtre intimiste et immersif, le Collectif V.1 part des lettres que l’enseignante a écrites en prison à ses proches, révélant toute la profondeur d’une personnalité entière. A la qualité littéraire s’ajoute un témoignage poignant qui interroge la place de l’individu et ses choix intimes face à la société dans laquelle il évolue. Lucide mais impuissante, Gabrielle, héroïne sacrifiée, porte haut les valeurs d’une liberté qu’elle a défendue jusqu’au bout.

Les faits : Gabrielle Russier, professeure de Lettres au lycée Nord de Marseille, a 31 ans lorsqu’en 1968 elle tombe amoureuse de Christian R., un de ses élèves, alors âgé de 16 ans. Ils entretiennent une relation durant plusieurs mois. Elle est incarcérée à deux reprises, en détention préventive, à la prison pour femmes des Baumettes, suite à une plainte déposée par les parents de Christian. La presse s’empare aussitôt de cette histoire qui devient rapidement « l’Affaire Gabrielle Russier ».

Le scandale éclate, d’autant plus que Gabrielle est une femme divorcée, qui élève seule ses deux enfants, et qu’elle se présente comme une enseignante dont la pédagogie bannit toute forme d’autorité. Cette dernière se retrouve alors confrontée à ses choix intimes au moment où le gouvernement français cherche à rétablir l’ordre face à cette « chienlit » que représentait le soulèvement de mai 68. Malgré la pression médiatique, Gabrielle tiendra tête à la Justice. Une “ Antigone ” moderne comme elle se qualifiera elle-même. A l’issue de son procès, Gabrielle est condamnée à une peine d’un an de prison avec sursis et 500 francs d’amende. Mais l’appel à minima déposé par le procureur général dans les heures qui ont suivi la sentence, révèle une forme d’acharnement judiciaire qui mènera à un épilogue tragique : le suicide de Gabrielle le 1er septembre 1969. Durant ses séjours en prison, elle tiendra une correspondance assidue avec ses proches, nous livrant ainsi toute sa détresse, son incompréhension, son espérance aussi, mais également toute la beauté d’une personnalité entière à travers une écriture d’une profondeur touchante et intemporelle.

Une création en cours qui interroge la place de l’individu et de ses choix intimes, face à la société dans laquelle il s’inscrit.
Coproductions Le Domaine d’O Montpellier Méditerranée Métropole Théâtre de Nîmes, scène conventionnée d’intérêt national – art et création –danse contemporaine.

Pôle Antonio Machado – Tout Public – A partir de 14 ans (55mn)
Tarifs : 12€ / 6€ / Cartes Pass

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