Traversières de hasard – Jean-Pierre Ricard

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L’auteur ayant passé de mai 1968 à nos jours par tous les stades d’évolution del’administration pénitentiaire nous livre un récit puissamment authentique. De surveillant à directeur dans les prisons de métropole, d’outre-mer et à l’international, il nous plonge dans l’envers et l’endroit d’une institution humaine où s’affrontent des situations extrêmes, apaisées ou exacerbées. S’adressant à tous publics, son parti-pris littéraire transmet un vigoureux témoignage à plusieurs dimensions

Une dimension sécuritaire et sociétale qui répond au besoin de protection des citoyens. Un univers souterrain le plus souvent ignoré, caricaturé et contesté. Un système de plus en plus judiciarisé, devenu incontournable dans son rôle d’incubateur et de régulateur des échecs et dérives que les institutions en responsabilité n’ont pas su prévenir.

Une dimension criminologique agrégation de circonstances, de situations épiques, de relations inattendues, de duplicité et de pulsions criminelles.
Dès vingt et un an, l’auteur se trouve propulsé dans l’intimité et à l’épreuve de personnalités tatouées d’histoires singulières,enfermées dans leur tête sinon plus que dans leur cellule (maffieux, braqueurs, terroristes,violeurs, escrocs, assassins, trafiquants en tout genre, voleurs, psychopathes, simulateurs…)

Une dimension pratique et éthique de la vie carcérale. Une fascinante intensité humaine dévoilée chemin faisant entre les anciens culs de basse fosse, les prisons coloniales et les établissements modernes.

Une dimension managériale où le lecteur aborde l’animation et la gestion du village pénitentiaire dans sa complexité constellée d’imprévus et de situations à risque ou cocasses parfois
.
Une dimension culturelle et géographique puisée dans de multiples changements de résidence parsemés de rencontres prestigieuses telles que celles avec Miguel Angel Estrella,Aimée Césaire et bien d’autres…

Enfin, l’auteur affirme avec force conviction que le travail du personnel pénitentiaire n’est pas aliénation bien au contraire. Que le cœur de la mission consiste à respecter et faire respecter les valeurs positives de la société.
Un ouvrage paradoxalement optimiste dans un milieu présupposé dévalorisant

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