Théatre de l’archipel :L’univers de pinocchio revisité par Joël Pommerat

Une merveilleuse adaptation du chef-d’œuvre de Carlo Collodi par Joël Pommerat qui excelle dans cet exercice. Librement réinventé, ce Pinocchio d’aujourd’hui à la langue bien pendue, effaré et naïf, se mesure à la dureté des grandes personnes, rencontre la fée, est transformé en âne, suspendu à un arbre, jeté d’une falaise, avalé par une baleine, refusant d’avouer les mensonges qui lui ont permis d’accéder à ses rêves.

C’est une vraie tête à claques ce fichu pantin de bois qui, à peine sortie du bois sculpté par son père menuisier, exige du pain, puis un livre neuf pour aller en classe et qu’il revend aussitôt afin de se payer une place de spectacle. Candide et roublard, ce Pinocchio court au-devant des catastrophes. Et pour devenir un véritable petit garçon, il doit renoncer à ses désirs en passant par différentes épreuves lors d’un parcours initiatique.
Masques, théâtre d’ombres, mystères du voilage, éclairages bleutés et autres effets scéniques participent à la magie poétique et presque cinématographique de ce conte en noir et blanc.

Dans une mise en scène somptueuse et des effets très techniques , le spectateur voyage pour découvrir l’univers de pinocchio…

Entre le conte et la réalité , nous entrons dans l’univers de la vie , de ses difficultés, des bons , comme des mauvais moments de la vie avec des scénettes très subtiles et musiques complètement inattendues , on passe d’un décor à l’autre comme l’effet d’une baguette magique …

D’étranges créatures à têtes d’animaux représentant les mauvaises rencontres du pantin.

la musique accompagne étroitement l’action du nez qui s’allonge à chaque mensonge

La fée telle une mère qui veille sur lui et qu’il n’écoute pas dans son refus d’assumer sa pauvreté et celle de son père.

Joel Pommerat nous mène par le bout du nez en mélangeant les souvenirs de la lecture du conte et du film en nous questionnant jusqu’où peut mener le refus de l’école ? de croire n’importe qui ? Pinocchio est inconscient et insouciant qui tente maladroitement de devenir adulte.

Un spectacle tout en émotion à découvrir absolument

Poétique et fascinant !!!!

Myriam Assouline, Sylvain Caillat, Pierre-Yves Chapalain ou Hervé Blanc, Daniel Dubois, Maya Vignando
collaboration artistique Philippe Carbonneaux
scénographie Eric Soyer
lumière Eric Soyer assisté de Renaud Fouquet
mannequins Fabienne Killy assistée de Laurence Fourmond
costumière Marie-Hélène Bouvet assisté d’Elisabeth Cerqueira
compositions musicales Antonin Leymarie

production Compagnie Louis Brouillard.
coproduction création L’Espace Malraux- scène nationale de Chambéry et de la Savoie, Centre Dramatique Régional de Tours, Théâtre de Villefranche / Scène Rhône Alpes / Scène conventionnée, La Ferme de Bel Ebat / Guyancourt, Théâtre Brétigny/ Scène conventionnée du Val d’Orge, Le Gallia Théâtre / Scène conventionnée de Saintes, Théâtre National de Bordeaux Aquitaine, Les Salins / Scène nationale de Martigues, Théâtre du Gymnase-Marseille, CNCDC – Châteauvallon, Grenoble / Maison de la Culture Mc2,La scène nationale de Cavaillon, Automne en Normandie, CDN de Normandie – Comédie de Caen. coproduction reprise Scène nationale d’Albi

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