réunion filière régionale fruits et légumes

A la veille du MEDFEL à Perpignan (salon professionnel international dédié aux fruits et légumes du 24 au 26 avril), Philippe Vignes, préfet des Pyrénées-Orientales, à la demande du préfet de la région Occitanie, préfet de la Haute-Garonne, et avec le concours de la direction régionale de l’agriculture de l’alimentation et de la forêt (DRAAF) d’Occitanie, a réuni, lundi 23 avril 2018, une quarantaine d’acteurs de la filière fruits et légumes d’Occitanie et quelques représentants nationaux. La finalité de cette première réunion était de définir les axes de travail collégial pour améliorer la création de valeur dans cette filière, 4ème filière agricole de notre région.

Au cours de cette rencontre, le directeur de l’interprofession nationale des fruits et légumes (INTERFEL) a présenté le plan national de filière avec ses principaux objectifs et orientations stratégiques. Celà vise notamment à répondre à l’enjeu de santé publique du développement de la consommation des fruits et légumes et à assurer la compétitivité et la durabilité de la filière.

En lien avec ces travaux nationaux, le président de la fédération des fruits et légumes d’Occitanie a fait part de ses premières réflexions pour décliner dans notre région ce plan de filière. Cette réflexion régionale est structurée autour de six principaux axes de travail : disposer d’outils de pilotage structurels et conjoncturels, améliorer la segmentation du marché (notamment conquérir les marchés d’e-commerce et de fresh découpe), mieux répondre aux attentes sociétales et environnementales (démarche de réduction d’intrants mais aussi de responsabilité sociétale des entreprises RSE), répondre à l’objectif de santé publique et d’éducation alimentaire (développer la restauration hors domicile malgré la contrainte financière), mieux structurer le commerce à la demande internationale, développer les volets transversaux de gouvernance et de recherche et développement.

Sur ce dernier point, les professionnels ont été unanimes pour demander aux pouvoirs publics de renforcer les investissements en R&D, notamment pour amplifier la baisse d’utilisation de produits phytosanitaires. Les professionnels ont souhaité également rappeler la nécessité de conserver des outils dédiés de l’organisation commune de marché (OCM fruits et légumes) dans les négociations de la nouvelle PAC.

Lors d’une discussion animée sur la meilleure stratégie pour créer et capter de la valeur, l’État a encouragé les professionnels à faire émerger des projets innovants ou des investissements structurants pour la filière qui pourraient être accompagnés par le volet agricole du grand plan d’investissement (GPI), doté au national de 5 milliards d’euros. Ce GPI et la déclinaison opérationnelle des plans de filière accompagnent le projet de loi « pour l’équilibre des relations commerciales dans le secteur agricole et alimentaire et une alimentation saine et durable » qui devrait être adopté en septembre 2018. La démarche globale s’inscrit dans le prolongement des États Généraux de l’Alimentation portés par le gouvernement.

Un autre élément important qui découlera du projet de loi est l’obligation pour la restauration collective publique de devoir s’approvisionner avec au moins 50% de produits issus de l’agriculture biologique, locaux ou sous signes de qualité à compter du premier janvier 2022. Cette obligation qui sera accompagnée par les
collectivités (Conseil régional, métropoles et mairies) dans leurs domaines de compétences, sera un appel d’air important pour les producteurs. Les professionnels doivent dès à présent l’anticiper en augmentant leurs productions (notamment de produits sous label AB), en s’organisant pour répondre aux futurs appels d’offre et en massifiant leurs offres commerciales.

La demande sociétale pour des produits locaux, sains, de qualité n’ayant jamais été aussi forte, les comportements d’achats des consommateurs peuvent favoriser les produits français qui prendront le leadership de ces attentes sociétales (AB, label zéros résidus, agriculture raisonnée etc.).
Devant la richesse des débats mais aussi sa complexité, il importe de poursuivre un travail collectif régional dans une démarche de transformation en profondeur des modes de production agricoles et de l’ensemble de la chaîne alimentaire.

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