Renée BOUIGUE et Guilhem BRANDY exposent à LA BOITE A FABRIQUE

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Pour cette exposition deux univers, deux techniques totalement différentes.
René BOUIGUE, bien connue pour ses sculptures de femmes catalanes, telles que Mailloles les a immortalisées, nous présente quelques pièces de terracotta, de résine ionisée ou de bronze.

Formée aux Beaux-Arts de Perpignan en céramique, c’est presque par hasard, après avoir fréquenté l’atelier Médiane, qu’elle se met au modelage. Depuis plus de 25 ans, Renée travaille depuis des modèles vivants et exprime sa vision de la féminité. Corps aux plastiques généreuses, pudiques et sensuelles à la fois, proches des interprétations que l’on retrouve dans les arts primitifs, de la “Pacha mama”, symbolisant la fécondité et le lien fondamental à la Terre-mère originelle.

Ces formes épanouies, modelées respectueusement par les mains de Renée sont simples, reflétant la sincérité de l’artiste, la tendresse et la sensibilté avec laquelle elle traduit la féminité.
Guilhem BRANDY, photographe autodidacte. Séduit dès son plus jeune âge par la photo, à la glorieuse époque de l’argentique, il débute avec un Praktica et développe lui-même ses films et ses tirages.
Malgré cette passion, un incendie ayant détruit toutes ses archives, il ne touche plus à la photo pendant 15 ans. L’arrivée du numérique, de l’informatique et des logiciels de traitement d’image lui redonne envie. Deux photos sélectionnées en concours lui confirme que son travail présente de l’intérêt.

Et c’est à Portsmouth en Angleterre qu’il démarre une carrière professionnelle.
Le thème qu’il nous présente a été déclenché par ce fauteuil rouge abandonné dans une décharge de gravas d’un immeuble en démolition.

Le contraste des couleurs, rouge éclatant sur débris grisâtres, l’incongruité de la situation, la notion d’abandon, tout converge pour le remarquer au point d’en faire un thème pérenne qu’il va alimenter au fil des années et des lieux. L’image a figé un instant et cela nous permet d’imaginer une histoire: où était-il installé avant d’être délaissé? Qui s’est assis dessus ? Quel est son avenir ? Récupéré par un nouvel utilisateur séduit ? Siège de luxe pour un SDF ou embarqué dans une benne de la voirie et détruit dans un incinérateur ?
Quand il trouve un de ces sièges, il le laisse dans le cadre dans lequel il l’a trouvé, apporte quelques petits changements de position ou attend la meilleure heure pour avoir un meilleur point de vue, mais l’essentiel est là, authentique avec sa part de beauté et de nostalgie, voire de tristesse.

Autour de ses prises de vues, il y a des rencontres, les curieux qui ne comprennent pas que l’on puisse s’intéresser à un vieux meuble abandonné, les râleurs qui se plaignent que ce déchet soit dans leur rue ou le SDF qui aimerait le récupérer pour améliorer ses conditions matérielles d’existence. Il y aussi ceux qui l’informent de lieux improbables où ils ont vu un fauteuil, un canapé ou une chaise de bureau.
Ces découvertes et ces photos sont des signes de notre société, qui se renouvelle, parfois de manière brutale. Ayons un pensée pour ces sièges qui nous ont supporté, stoïques, qui n’ont pas forcément eu la meilleure part de nous-mêmes et qui finissent un jour, sans aucune reconnaissance, dans l’oubli au profit du nouveau meuble plus moderne ou plus confortable qui l’a remplacé.

Gageons que certains auraient été contents d’accueillir les rondeurs des modèles de Renée BOUIGUE.
Merci donc à ces deux artistes qui, avec des techniques et des sujets différents, réussissent à nous séduire en nous proposant des œuvres simples qui ont un dénominateur commun, le naturel.
Exposition en place à LA BOITE À FABRIQUE 19, rue Mailly, Perpignan jusqu’au 27 septembre

Après la période des vacances, le calendrier des expositions a repris son rythme:
Cette expo est en place jusqu’au 27 septembre et ce sera Caroline CAVALIER qui prendra aussitôt la place avec vernissage le jour même.

Au YUCCA, jusqu’au 22 septembre, Serge STREIBEL expose sa série de Poèmes éphémères sur les graffitis de Grenade et ce sera Chantal LANGJAHR et ses œuvres abstraites qui prendront la suite avec vernissage le vendredi 4 octobre.
Encore quelques jours, jusqu’au 21 septembre, pour apprécier le lieu et l’exposition au CAMPANILE du boulevard Jean Bourrat: Daniel SANCHEZ sculpteur expose sur la terrasse et le roof-top à la vue surprenante, ses magnifiques œuvres de marbre aux formes élancées et superbes finitions.
Jean BANQ, expose aussi son thème complet de “Divagations au musée”.

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