L’orestie au théâtre de l’archipel le 03 et 04 OCTOBRE 2019

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Georges Lavaudant remonte la trilogie d’Eschyle vingt ans après sa première création au théâtre de l’Odéon. La tragédie grecque n’est pas dans ses habitudes, il choisit d’y puiser les trésors de théâtre en compagnie de la comédienne Anne Alvaro.
L’Orestie devient alors une pièce-monde où les voix des nobles et du peuple, des héros et des anonymes, des dieux et des mortels résonnent ensemble.

On y rencontre même le fils de Thyeste dans cette Orestie d’Eschyle, Egisthe, qui partage la couche de Clytemnestre qui n’est autre que la mère d’Oreste. Clytemnestre qui a assassiné son époux Agamemnon et Cassandre la fille du roi de Troie. Ainsi vont les vengeances et les meurtres, entre les luttes de pouvoir et les bains de sang. Hommes et dieux assouvissent leurs passions et leurs vices. L’oracle est la loi. Georges Lavandant s’y confronte avec gourmandise captant toutes les facettes, tous les registres que recèle le texte. Du polar, du tragique, du grotesque, du quotidien, du fantastique. Ils composent une traversée de l’écriture dramatique qui est proprement inouïe. Vingt-cinq siècles après, le chef-d’oeuvre du vieil Eschyle n’a rien perdu de sa fraîcheur.

DISTRIBUTION
avec Anne Alvaro, Astrid Bas, Carlo Brandt, François Caron, Camille Cobbi, Bastien lombardo, Babacar Mbaye Fall, Laurent Manzoni, Matthieu Marie, Pascal Rénéric, Mélodie Richard et Irina Solano.

mise en scène, adaptation, lumière Georges Lavaudant
dramaturgie Daniel Loayza
décor, costumes Jean-Pierre Vergier
chorégraphie Francis Viet
remerciements à Isabelle Neveux pour sa contribution à la scénographie du spectacle lors de sa création.

Les mots de l’auteur :

“Monter L’Orestie aujourd’hui, en 2019, deux mille quatre cents ans après sa création – une unique représentation ? Quel sens cela a-t-il ? Est-ce qu’on arrive même à penser, à imaginer ces deux mille quatre cents ans ? Vertige !

Revenir aux « Grecs », c’est se souvenir que le théâtre a pour enjeu beaucoup plus qu’une explication simpliste et unidimensionnelle du monde. C’est un antidote au populisme. Ces textes sont une arme de guerre (ô combien pacifique !) contre les explications sociologiques de nos comportements et de nos désirs. Ce n’est pas un théâtre réductionniste qui vous rabat sur le fait divers et qui transforme vos pensées en tête jivaro.

LE théâtre grec (pardon pour l’anachronisme) ne rivalise pas avec les journaux ou la télévision. Il est tout à la fois poésie, philosophie, Histoire et histoire, fiction, rêve, prédication, leçon de morale. Il vous embarque pour un voyage à haut risque, sans boussole. Il vous trompe, il vous noie, il vous sauve. L’exigence éthique et poétique d’Eschyle dans cette trilogie sans équivalent, l’unique à nous être parvenue, son invention verbale, son sens du récit, l’entrelacement de la psychanalyse et du polar, nous rendent plus forts, mais aussi plus exigeants.

Que de pâles copies contemporaines, quand les originaux n’ont toujours pas livré leurs secrets. Ces textes ne nous font pas la morale, ne nous donnent pas de leçons. Ce sont des coffres-forts de papier dont nous n’avons toujours pas trouvé la clé, afin de percer leurs énigmes ; pour la bonne raison que cette clé n’existe pas, et n’existera jamais. Il faut les jouer, les proférer et les chuchoter, devant l’assemblée silencieuse et émerveillée des enfants et des vieillards, assis là tous ensemble alors qu’une fois encore la nuit tombe et que les étoiles commencent à briller – oui, que cela commence : « ô dieux, délivrez-moi de mon épreuve »…”

Georges Lavaudant, 8 janvier 2019

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