lettre pour un meilleur rassemblement du 9 janvier

Chers Collègues,
Mes chers collègues, Gradés, Gardiens, Adjoints de Sécurité mais aussi Administratifs, Techniques, Scientifiques qui sont empreints de la difficulté du métier de Gardien de la Paix. Je tiens tout d’abord à remercier chacune et chacun d’entre vous de votre présence ici aujourd’hui. Vous remercier au nom d’Unité SGP Police, mais surtout, vous remercier au nom de tous ces collègues qui, au quotidien sont agressés, caillassés, blessés comme vous l’êtes tous. Comme nous le disons fréquemment, nous pesons le poids que vous nous donnez et, à la veille d’un rendez-vous ministériel important, vous nous avez montré que nous étions au cœur de vos préoccupations. Je tiens également à souligner la présence d’élus, de représentants de d’autres forces de sécurité qui ont répondu présents à notre invitation ainsi que nos collègues de la Police Municipale.

Si l’année 2017 s’était achevée sur de mauvais présages, l’année 2018 ne semble pas démarrer sous de meilleurs augures et ce n’est pas à nos collègues de Dunkerque, de Quimper ou de la CRS 11 que je l’apprendrai. J’aurai une pensée particulière pour la famille et les amis de notre collègue de la brigade fluviale de Paris, disparue en service dans les profondeurs de la Seine. Aussi, avant d’aller plus loin dans mon propos, j’aimerai que nous respections une minute de silence en hommage à tous collègues décédés depuis le premier janvier de cette année.
Comme vous le savez, toute la semaine dernière, la Police Nationale a encore payée un lourd tribut dans son engagement pour la défense de nos concitoyens et de la République. Champigny-sur-Marne, Aulnay-Sous-Bois, St Dié des Vosges, Argenteuil, Perpignan et j’en oublie certainement d’autres, ont été le théâtre de véritables scènes de guet-apens et d’agressions sauvages de nos collègues. Cela est intolérable et ne peut plus durer.

Notre Secrétaire Général, Yves Lefevre, l’a dit au Ministre de l’Intérieur, Gérard Colomb alors qu’il était reçu hier matin. Il faut aujourd’hui que le gouvernement et le garde des Sceaux prennent toute l’ampleur de ces agressions sauvages et de cette violence à l’encontre des policiers. Alors je sais, pour certains penseurs bien au chaud dans leur bureau ou cabinet, le problème pourrait venir de la Police, de Gradés et Gardiens de la Paix que nous sommes qui se complaisent à les provoquer… Mais alors, que dire des Médecins, ambulanciers, des enseignants, des postiers, des pompiers, qui ne peuvent plus aller dans certains quartiers sans être escortés sans oublier les surveillants de l’administration pénitentiaire. Comment expliquer que les pompiers se fassent agresser et caillasser lorsqu’ils viennent de sauver une personne. Alors non, Messieurs, le problème ne vient pas de la Police Nationale et surtout pas des Gradés, Gardiens et Adjoints de Sécurité qui ont à cœur de faire leur mission du mieux qu’ils peuvent avec les moyens qui leur sont donnés. Je sais, aussi, que certains nous diront que ce sont les risques de notre métier, que d’arrêter les voyous engendrent des risques. Oui, mais là, comme je l’ai dit, c’est au cours de véritables guet-apens, de scènes de lynchages que nous sommes agressés, blessés, et si nous n’avons pas à déplorer de mort en cette année 2018 qui vient de commencer, ce n’est que grâce au sang-froid et professionnalisme des femmes et des hommes qui composent la Police Nationale. Alors oui, nous sommes ici pour exprimer notre ras-le-bol, notre colère, notre volonté de faire bouger les choses car cela ne peut plus durer.

Cela ne peut plus durer d’être agressé, cela ne peut plus durer d’être violenté, cela ne peut plus durer d’être stigmatisé comme cela a encore été le cas ce samedi soir par un chroniqueur de l’émission « on n’est pas couché ». Protection et reconnaissance, deux mots qu’Unité SGP Police FO n’a de cesse de réclamer avant que la situation ne devienne explosive.

Les forces de l’ordre, les Policiers que nous sommes, ne pourront accepter plus longtemps d’être la cible de voyous assoiffés d’en découdre avec les forces de l’ordre, de les blesser, voire de les tuer. Il est absolument nécessaire qu’une prise de conscience générale intervienne au plus vite et que la justice de notre pays fasse preuve de la plus grande fermeté envers les agresseurs de représentants des policiers et e représentants de l’Etat. Car oui, chers collègues, quand on s’en prend à vous c’est à la République que l’on s’en prend. Alors comment accepter que certains magistrats préfèrent reporter des audiences et laisser libre des auteurs d’agressions sur policiers, comment accepter que certains fassent appel de certaines décisions favorables car légitimes, pour nos collègues ? Cette justice, complètement déconnectée de la vie quotidienne du Policier et ce qu’il subit tous les jours, nous voulons qu’elle change.

C’est pourquoi, dès hier nous avons remis au ministre nos propositions en matière de politique pénale. En effet, pour Unité SGP Police Fo, c’est toute la chaine judiciaire qui doit être modifiée afin d’initier enfin une véritable politique pénale. Création de tribunaux criminels chargés exclusivement de traiter tous les cas de violences contre les policiers, gendarmes, pompiers, Gardiens de prison. Création d’un pôle de magistrats spécialisés Instauration de peines minimum Révocation systématiques des sursis pour les auteurs. Criminalisation de certaines infractions Voici quelques-unes des propositions qui ont été formulées hier au ministre de l’intérieur et qui seront réitérées demain lorsqu’il recevra l’ensemble des organisations syndicales représentatives. De nouvelles propositions car, oui, il y en a marre de retrouver face à nous de dangereux criminels qui sont en liberté sous je ne sais quel prétexte. Assez de retrouver face à nous des auteurs d’agressions sur nos collègues et dont la justice n’ pas eu le temps de traiter le dossier ou à préférer reporter les audiences. Assez de retrouver face à nous ces mêmes auteurs qui n’exécutent jamais leur peine et qui n’hésitent pas à venir nous provoquer.

C’est pour cela qu’aujourd’hui, il est plus que temps que chacun prenne conscience que les policiers en ont assez et ne pourront plus continuer à agresser sereinement leur métier dans de telles conditions. Car, à force, c’est la population qui en subira les conséquences et ne pourra bénéficier d’une sécurité digne de ce nom. Que chacun se remette en cause mais cessons de stigmatiser le policer, celui qui, au quotidien est au contact de ce tout ce que l’espèce humaine a de plus violent. Alors nous invitons, tous ces biens pensants, tous ces supposés défenseurs de la veuve et l’orphelin, à venir faire quelques patrouilles avec certains équipages dans certains quartiers choisis par nos collègues. Vous comprendrez mieux pourquoi nous sommes ici aujourd’hui et pourquoi la Police est à la limite de l’implosion si les choses ne changent pas. C’est ensemble que nous réussirons à faire changer les choses.

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