La Dame aux camélias : Marguerite Gautier, la fleur du désir

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Arthur Nauzyciel nous a conviés au plus près de l’intimité quotidienne d’une courtisane dans son salon, un boudoir-cercueil capitonné de velours rouge doté d’un voilage plissé évoquant la passion soyeuse des amants.

Le drame intérieur, troublant de la vie inachevée et sacrificielle de Marguerite Gautier dont l’interprétation par Marie-Sophie Ferdane semble avoir infusé en elle, pour en révéler toute sa présence scénique, intense, ardente et fiévreuse face à son amant éperdu d’amour dans toute sa fougue juvénile, enveloppés de la magnifique voix off du narrateur inspirée du film “L’homme qui aimait les femmes” de François Truffaut.

Une femme entretenue qui l’assume, revendiquant une forme d’indépendance, qui se sacrifie par amour tout en restant maîtresse du jeu en dénonçant l’hypocrisie bourgeoise.

Un spectacle du monde de la jouissance, des corps très dénudés. Une façon chorale des acteurs de se relayer en sortant de l’ombre ou dans des étreintes lascives, sensuelles dans une langueur hypnotique, captivante de cet univers clos et feutré, où le geste se déploie avec une douce mélancolie. Le temps bien que compté s’étire à l’infini sous la tension des mots.

Les acteurs sculptent la chair des mots du texte de Dumas et font rayonner les silences.

C’est voluptueusement incarnés, dans un esthétisme troublant voire dérangeant, alternant le rêve et la réalité. Ce rouge écarlate omniprésent dans la mise en scène traduit la saveur amère du confinement et de la maladie jusqu’à la lie.

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