Exposition du moment « Chroniques havanaises» , rue des augustins

« Chroniques havanaises»

Il y a trois ans, je commençais un travail grâce auquel j’allais porter un regard sur les divers aspects de la société cubaine, dans sa ruralité comme dans sa ville.

Une société qui, tout en restant très ancrée dans ses valeurs essentielles de solidarité et de proximité humaine, est engagée dans un processus de bouleversements économique et social profond.

Aussi, après avoir passé vingt ans entre la France et Cuba, face à la disparition imminente de pans de tant de vies, voire de vies entières de personnes que j’ai côtoyées, avec lesquelles j’ai vécu, j’ai décidé de fixer par l’image ce qui ne sera plus là demain ou bien le sera différemment.

L’une des idées de base de ce projet conçu sur le long terme fut aussi de créer une relation d’échange et de mémoire avec les personnes photographiées : nous partageons un moment chaleureux et unique dans un lieu représentatif de leur quotidien (travail, domicile), je le prends et l’immortalise par l’image que je leur rapporte au cours de mon voyage suivant.
Car ces photos, c’est avant tout pour les cubains que je les ai faites, pour archiver les traces de cette vie qu’ils ne reverront plus, pour leur permettre de ne pas oublier.

Autodidacte en photographie, j’ai presque tout appris dans la rue grâce à mon fidèle Canon, mais aussi en étudiant les images des photojournalistes Eugene Smith, Paolo Pellegrin, Josef Koudelka et Sergio Larrain.

C’est après avoir vu une exposition de la photographe humaniste Sabine Weiss que j’ai décidé de faire de la photographie mon activité principale.

« Vivre et travailler dans la rue »

Le premier volet de ce travail est consacré à la rue, une rue nonchalante, généreuse et grouillante à foison, foison de vie(s) et de rythme(s).
Une rue qui ne connaît pas de limite à l’intrusion dans l’intimité des cubains et dont on finit par ne plus savoir si c’est elle qui s’ingère dans les foyers ou bien si les excès dont ils regorgent ne peuvent que s’exprimer hors les murs.

Et puis, omniprésente, cette gaîté viscérale dans les regards, des regards qui éclaboussent et qui me font concevoir chacun de mes portraits comme un fragment d’univers, celui d’un individu qui évolue dans ce cadre qui a le mérite d’être aussi nauséabond que prodigieux, malsain que chaleureux, détruit que magnifique : La

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