EXPOSITION ENGAGÉE QUI CONJUGUE ARTS ET ÉCOLOGIE:

Barbara LEMOËNE et META exposent d’émouvants portraits d’animaux en voie de disparition.
Beaucoup de gens sont particulièrement sensibles et même engagés dans la protection des animaux, la lutte contre les abandons, la bestialité et l’abattage dans des conditions honteuses, des animaux que nous consommons. Tout cela est préoccupant, bien sûr, mais il est des causes plus lointaines qui doivent être soutenues parce qu’elles aussi sont essentielles et recouvrent une dimension plus large que la seule compassion pour les animaux: la protection de la nature.

Quand on pense aux singes, avec qui nous partageons 99% de notre ADN, on oublie trop vite que ces espèces et bien d’autres sont en voie de disparition. Braconnages pour les trophées, ou pour les pseudo vertus médicinales, les cirques, la déforestion de milliers d’hectares de forêts qui sont replantés de palmiers pour produire de l’huile de palme.

A Bornéo et Sumatra, les forêts détruites constituaient l’habitat des orang-outangs, les “hommes de la forêt” en malais. Chassés par la déforestation, ils fuient dans des zones infestées de crocodiles. Animaux fragiles, timides, sensibles, ne se reproduisant que tous les 8 ans, l’extinction est engagée: entre 1950 et 2015, en 65 années, les populations auront décliné de 82%.

Depuis 1968 Jane GOODALL se livre à des recherches scientifiques de haut niveau sur les chimpanzés et les babouins. Pour sa part, Diane FOSSEY au Rwanda, s’est ardemment consacrée à la protection des gorilles depuis 1963. Son travail est finalement reconnu, au point de provoquer la réalisation du fim “Gorilles dans la brume”, qui fut malheureusement réalisé 3 ans après son assassinat, preuve s’il en était besoin de l’importance de son travail de protection.

Une troisème primatologue est à signaler Biruté GALDIKAS. Elle s’est consacrée aux orang-outans à Bornéo, et est Conseiller sénior auprès du Ministère indonésien des Forêts. Elle souhaite alerter les populations occidentales sur les effets néfastes sur ces grands singes de la consommation d’huile de palme dans les produits de consommation courante, comme les biscuits LU ou la pâte à tartiner NUTELLA.
Les gourmands addictifs peuvent avoir mauvaise conscience !
Voilà donc le fond de cette exposition.

Pour la forme, deux artistes ont traduit avec talent leur conviction pour cette cause.
Barbara LEMOËNE est lyonnaise, elle a habité Paris, le Beaujolais et Mayotte. Elle est professeure agrégée et a dessinné et écrit toute sa vie. Son ambition: être un être acceptable, une femme d’aujourd’hui qui cultive le respect du vivant, qui recherche la moindre parcelle de beauté et d’intelligence dans l’organisation du monde, qui malmène trop souvent, nature, animaux et hommes. Elle est une humaniste qui s’intéresse au vivant, à l’être. Peinture et poésie, sont pour elles, deux modes d’expression tant pour célébrer la vie que de se questionner sur son sens. C’est son sentiment d’appartenance au monde qui la rend particulièrement sensible et inquiète de sa vulnérabilité.
Quand on regarde un être vivant, c’est souvent par le regard qu’on en apprend le plus, que passe le premier échange. Qui regarde l’autre ? En l’occurence, est-ce nous qui regardons le singe ou lui qui nous regarde ? Que voyons-nous dans ses yeux ? de l’innocence, de la crainte, de la tendresse, de la sérénité ? Tout à la fois et c’est précisément dans la qualité des portraits que Barbara en a fait que réside son mérite. Nous ne sommes pas face à des dessins d’antropologues, des études documentaires, mais à un traitement comme s’il s’agissait d’être humains. C’est bien là le meilleur hommage que l’on pouvait rendre aux primates, les représenter avec le même respect, le même amour.


META pour sa part, a développé la même sensibilité et au travers de sculptures dénonce l’extinction d’autres espèces. En soi, elles n’ont rien de dramatique, les chiffres, par contre le sont clairement.
Le dernier rhinocéros blanc vient d’être euthanasié au Kénia. Il était né en 1973, à l’époque où il y avait encore 700 rhinocéros. Il ne reste plus aujourd’hui que 2 femelles incapables de se reproduire. La raison: un kilog de corne de rhinocéros se négocie plusieurs dizaines de milliers de dollars au marché noir en Chine et au Vietnam.
La girafe vient de rejoindre la liste rouge des espèces menacées, sa population a presque diminué de moitié ces trente dernières années.

Pire encore, sur les 356 espèces terrestres et marines de tortues modernes, 61% sont soit en danger, soit déjà éteintes.

Les hippocampes sont triplement menacés parce qu’ils sont un ingrédient phare de la médecine chinoise, qu’il constitue un souvenir de vacances encore très recherché, et que les mers envahies de déchets de plastique ne sont pas leur environnement idéal.
La chasse et la pêche intensives, la déforestation, les brulis agricoles, portent atteinte à la survie de milliers d’animaux, d’oiseaux, d’insectes ainsi qu’à la flore, bref l’homme agresse dangeureusement la Nature, entraînant des extinctions pour certaine irréversibles.

Et pourtant, il y a des solutions. Un exemple surprenant: la seule réintroduction du loup dans la parc de Yellowstone aux États-unis, en 20 ans, a ré-équilibré l’ensemble du biotope et de la faune de ce secteur. Aujourd’hui, wapitis, orignaux, castors, limicoles, flore, insectes, sont revenus et ont redonné vie à ce territoire.

En bref, la terre est en danger, il faut en être conscient et la respecter, chacun à son niveau, dans son environnement, dans la mesure de ses moyens, aussi simples soient-ils.
Merci donc à ces deux artistes, qui par leur talent et leur implication, réveillent un peu notre conscience.

Le vernissage de l’exposition L’ART POUR LA PLANÈTE aura lieu vendredi 17 mai à 18:30

Exposition du 14 mai au 9 juin, tous les jours de 11:00 à 19:00 h.
Hôtel QUALITY
35, boulevard St-Assiscle
– 66000 PERPIGNAN

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