EXOPULITAÏ The Trickster Meltdown EXPOSITION DU 18 JANVIER AU 08 MARS 2020 CAC àcentmètresducentredumonde –

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VERNISSAGE Le  vendredi 17 Janvier 2020 à 18h30

Du 18 Janvier au 8 Mars 2020, le peintre Orsten Groom investit l’intégralité des murs de
l’ACMCM. L’exposition EXOPULITAÏ présentera une vaste sélection rétrospective des œuvres de cet artiste incontournable de la scène indépendante française.

Les tableaux d’Orsten Groom se présentent comme « Art pariétal post-historique ».
Fresques au fatras apocalyptique saturées de créatures, récapitulation carnavalesque de
l’histoire depuis le flot des origines de l’histoire de l’art, « ce trouble est semblable à celui que
j’éprouve dans les grottes de Lascaux ou Chauvet, devant les tableaux du Greco ou de Picasso
ou encore au XXe siècle devant l’œuvre essentielle de Gérard Gasiorowski», comme l’écrit
Olivier Kaeppelin, commissaire de sa récente exposition parisienne POMPEII MASTURBATOR.
L’exposition perpignanaise réunit une cinquantaines d’œuvres.

Artiste entièrement indépendant et autogéré, Orsten Groom s’est imposé en quelques années
comme une référence majeure de la jeune scène picturale, entre milieux alternatifs et institutions
muséales. Sa peinture s’impose sur de grandes toiles peuplées de figures enchevêtrées par
mythologies et archétypes grotesques, Danses macabres glanées par un détective de la langue,
archéologue amnésique et épileptique. Sa matière est dense, volcanique, habitée comme les foies
antiques d’un rituel divinatoire.

« Orsten Groom sait la puissance de chaos de la couleur, sa puissance d’anarchie. Par son intuition
de la peinture comme coulée de boue, Orsten Groom serait une sorte de peintre pompéien. Groom
utiliserait l’éruption du volcan, l’éruption du volcan de la peinture afin de radiographier la présence des
figures humaines. Les silhouette de ses tableaux ressemblent ainsi parfois à des décalcomanies fossiles
», écrit Boris Wolowiec.

EXOPULITAÏ : littéralement « Ceux qui vivent à l’extérieur des portes » – c’est ainsi qu’étaient
nommés les artistes dans l’Égypte Antique, affirmant ainsi leur fonction sociale rituelle au seuil de la cité
et de la vie. Par son sous-titre, The Trickster Meltdown (« l’effondrement du fripon »), celle-ci se rejoue
dans une perspective carnavalesque et messianique chère à l’artiste
Les derniers humains, avec leurs allures désuètes, sortent de scène dans un menuet ridicule et
laissent leur place aux nouveaux acteurs, imprévisibles : satyres et polichinelles.

La seule chose importante est de trouver une sortie.

Vers où ? Vers l’origine.

Parce que l’origine est toujours au milieu, elle ne se donne que comme interruption. L’interruption est une échappatoire.

Ubi fracassorium, ibi fuggitorium
Là où il y a catastrophe,
il y a une échappatoire

OLIVIER KAEPPELIN
(Écrivain, critique, commissaire de la récente exposition POMPEII MASTURBATOR)
Ma première sensation, mon premier sentiment, ma première vision furent celles d’une
étonnante, d’une enivrante dépense, au sens où l’entend Georges Bataille, un don d’une
énergie qui se justifie et se comprend par son « aspect » tel que l’envisage Wittgenstein pour
la musique, c’est-à-dire par un déploiement qui exclut tout marchandage avec les conventions
esthétiques. Cette dépense génère sur la toile des couleurs, des mouvements, des réseaux
d’association et d’échos qui ne se résolvent jamais dans la recherche d’une « expression »
comme nous l’entendons pour « l’expressionnisme ».

Orsten Groom n’est pas un peintre expressionniste.
Les gestes, constructions, les compositions qui sont les siennes ont un rythme, une
économie qui sont avant tout des libertés d’allure et d’invention. Il ne s’agit jamais de
pérégrinations d’un « égo » créateur cherchant un style fait d’accents, d’additions repérables,
afin de transmettre sa poétique et sa vision d’un monde valant pour l’identification d’un nom,
pour la vie et le nom du peintre. Au contraire, cette dépense, ses accumulations, ses
superpositions offertes, ce don, blanchissent la toile c’est à dire sa grammaire et ses lexiques
tributaires du symbolique. Ils sont des chemins, des « champs de bataille » nous entraînant
vers une neutralisation, une annulation des formes par le jeu d’énergies contraires qui interdit
toute appropriation par la reconnaissance et le langage. Si, au bout du compte, je les attribue
à un « être », alors c’est l’être de la peinture. Il est le guide et la maîtresse d’Orsten Groom.
C’est par elle, par les actes qu’elle inspire que se découvre le sens de l’aventure, de son
expérience, du réel qu’elle nous offre.

C’est pour cela que captivé par ses œuvres, l’émotion intense de me trouver au cœur de
ces étonnantes constructions m’a immédiatement retenu. Ce trouble est semblable à celui que
j’éprouve dans les grottes de Lascaux ou de Chauvet, devant les tableaux du Greco ou de
Picasso ou encore au XXe siècle devant l’œuvre essentielle de Gérard Gasiorowski. Avec ces
guetteurs, ces éveilleurs, auxquels vient désormais s’ajouter Orsten Groom avec eux, c’est
l’histoire et le corps de la peinture qui nous enlèvent, ouvrent l’espace.

À PROPOS DE ORSTEN GROOM
Artiste total, indépendant et autogéré, Orsten Groom (1982) est né en Guyane d’une
famille polono-russe. Diplômé de l’École Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris
en 2009 et du Fresnoy en 2011, il mène depuis une carrière d’artiste indépendant entre
les milieux alternatifs et les institutions internationales.

Orsten Groom est primé par l’Académie des Beaux-Arts (2016) et lauréat du Prix Antoine Marin
(2015). La fameuse maison Marin fabrique d’ailleurs une couleur à son nom : le Rose Groom.
Il est également musicien (en solo et au sein du groupe HARDEN BIG BOW), auteur de
recueils de poèmes anglophones, cinéaste (Prix du Jury 2011 pour son film BOBOK au festival
Côté-Court) et auteur depuis 2012 du cycle vidéo Les Ballets Russes en collaboration avec
Elodie Tamayo. Il a collaboré avec les commissaires d’exposition Olivier Kaeppelin et Paul
Ardenne ; le cinéaste Guy Maddin ; le traducteur et poète André Markowicz, ainsi que l’écrivain
Boris Wolowiec avec qui la correspondance sera prochainement publiée. En outre un projet
d’opéra en collaboration avec le sulfureux Jean-Louis Costes devrait voir le jour l’année
prochaine.

Le fameux artiste allemand Jonathan Meese a dit de lui :
«Orsten Groom vient des grottes et du Moyen-Âge et garde l’histoire vivace dans l’art actuel.
Il vient du futur ».
Il vit et travaille à Paris.
« Face à la peinture je me considère comme un soldat, une soubrette, un majordome, d’où le
nom de Groom parce qu’il présente bien : il porte un costume et le mot anglais signifie tout un
tas de choses – comme the Bride and the Groom, la mariée et son fiancé, s’apprêter et, chez
les singes, s’épouiller ; ainsi que certaines postures érotiques marginales. Le groom est Atlas
de beaucoup de choses. Orsten vient de la biographie d’Orson Welles, qui raconte qu’il ne
pouvait pas mettre un pied en Italie sans que Lucky Luciano ne l’alpague, l’exhortant à faire
un film sur sa vie, tout en étant incapable de prononcer son prénom correctement.

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