Eduardo ARROYO à cent mètres du centre du monde

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Du fait de la situation particulière dans laquelle nous nous trouvons, nous avons pris de nouvelles mesures :
– Gel Hydroalcoolique mis à disposition
– Masque obligatoire à l’accueil / Pas de masque obligatoire pour la visite
– Un parcours fléché et encadré
– Réservations de visites en ligne conseillée: https://acentmetresducentredumonde.simplybook.it/v2/

Eduardo Arroyo est un pilier de la peinture européenne, qui sera mis à l’honneur à Perpignan au cours du printemps 2020 au CAC Àcentmètresducentredumonde.

L’esprit singulier de Eduardo Arroyo a fait de lui l’artiste prolifique et pluridisciplinaire que l’on  connaît,  un touche à toutexigeant et perfectionniste, qui s’est illustré dans de nombreux domaines de la création plastique, la sculpture, la lithographie,la gravure ou la céramique, la scénographie, mais aussi l’écriture avec de nombreux titres à son actif.

Durant sa jeunesse, à Madrid, il souhaitait devenir écrivain mais son exil parisien avait fait de lui d’abord un peintre C’était comme « peintre écrivant » qu’il se définissait, un auteur qui utilise les registres de la peinture pour exprimer ses inquiétudes.

Àcentmètresducentredumonde présente un important ensemble d’œuvres essentiellement sur  papier,  réalisées  sur  une  large  période  et  organisées autour d’un grand polyptyque intitulé Cordero  místico(Agneau mystique), œuvre maîtresse accompagnée de diverses thématiques regroupées en trois volets.

L’emblématique Cordero  místico est une composition d’une superficie totale de 30m2 qui prend pour modèle le célèbre retable de «L’Adoration de l’Agneau mystique» des frères Van Eyck, chef d’œuvre de la peinture des primitifs flamands exposé à la Cathédrale Saint Bavon de Gand en Belgique.Le grand polyptyque est accompagné, comme lors de sa présentation au Musée du Prado, d’une série de dessins où s’expriment ses recherches sur la couleur, le tout constituant un ensemble unique.

 

En complément de ce travail spécifique, un important diptyque, grande huile sur toile au titre annonciateur de «Madrid- Paris Madrid» où l’exil peut se lire en creux, insère dans l’exposition l’élément biographique et autobiographique définissant l’artiste comme peintre itinérant, baladé entre deux capitales essentielles à son parcours d’artiste et à son existence.

Accompagnant  ces  créations,  est  exposé un  ensemble  de  dessins  colorés  représentant  des figures historiques de la culture française, écrivains, philosophes et peintres portraiturés par l’artiste.

On y  trouve  Flaubert,  Montaigne,  Descartes,  Paul  Valéry,  Verlaine  mais  aussi ToulouseLautrec, Hervé Télémaque ou Napoléon, entre autres.

 

Un  autre  ensemble  fait  la  part  belle  aux  grands personnages  de  la  tauromachie  et  du flamenco, proposant une iconographie au trait particulièrement suggestif mettant à l’honneur des artistes espagnols légendaires tels que Manolete ou Carmen Amaya.

Le thème de la tauromachie se prolonge dans un troisième volet de l’exposition qui témoigne de l’importante activité d’affichiste que Eduardo Arroyo a toujours développé.Activité qu’il pratiquera lors de ses débuts parisiens, durant les événements de mai 68, à l’atelier populaire de l’école des BeauxArts et qu’il n’abandonnera jamais et qui entretiendra constamment son intérêt et ses connaissances pour les techniques de l’imprimerie, de la  reproduction  et  des encres

Une exposition qui dévoile un Arroyo intime, au travers d’une œuvre inégalée d’une actualité incontestée,  un  maître  du  dessin  toujours  vibrant  au  trait  d’une  justesse  et  d’une  élégance essentielles.

’AGNEAU MYSTIQUE
[…] Pour pénétrer plus avant dans une œuvre, il faut y ajouter l’ingrédient du drame ou de la
farce. C’est exactement le cas de ma peinture, qui est un mélange correctement dosé de drame
et d’opérette. La genèse de monCordero místico,son inspiration, c’est un peu le retour au jeu
des sept erreurs qui m’amusait quand j’étais enfant, avec son va et vient d’une image à l’autre.
[…] J’étais déjà sous le charme du retable d’Issenheim, de Grünewald, à Colmar, qui avait
produit chez Jean Tinguely un ensemble monumental à bucrane,Cenodoxus(1981), mais à l’occasion
 d’un voyage à Gand au cours duquel j’avais visité la cathédrale Saint Bavon,l’Adoration de l’agneau mystique m’a intrigué.
complexe m’a tellement ému que je suis retourné le voir à deux reprises tandis que je préparais les décors de
Boris Godounov au théâtre de la Monnaie à fréquentation/confrontation décalée pour aboutir, en 2008, à mon exploration du grand format avec les trente mètres carrés du retable des frères Van Eyck. En le reprenant, j’ai voulu rester fidèle aux dimensions de ses vingtuxelles pour Klaus Michael Grüber. À l’aide de livres et d’opuscules touristiques,j’ai avancé dans cette six panneaux.
J’Irai même jusqu’à dire que ce retable«diaboliquement»
 Naturellement, cette exactitude a engendré des contraintes, et pourtant il m’aurait été plus facile d’en faire fi et de l’agrandir, gagnant ainsi davantage d’espace pour me confronter au panneau central, l’œuvre souveraine.
J’étais conscient d’affronter le mémorable apophtegme d’Eugenio d’Ors
: «
Tout ce qui n’est pas traditioà ce que je peins, c’est une façon desituer mon travail est plagiat».
 Mon Cordero místicochacun sait que je ne peux m’empêcher de donner un titre,laissant la couleur decôté pour privilégier la lecture en noir sur blanc de la mine de plomb, est un hommage aux deux
frères: au maître Jan Van Eyck, inventeur, selon Vasari,de la peinture à l’huile, et à Hubert, auteur du projet.C’était aussi une commande que je me passaisà moi-même.
J’ai cantonné l’ensemble dessiné au seul plan graphique et j’y ai trouvé ce qui me convenait pour me
situer dans l’histoire.
À partir de ma maquette pour Cordero místico,j’ai perçu ce que le polyptyque des Van Eyck pouvait raconter dans
mes espaces encore blancs et j’ai curieusement vu s’éloigner de moi la crainte superstitieuse qui murmurequ’il suffit de raconter les tableaux qu’on va faire pour ne pas les peindre.
Ce qui m’intéressait formellement, c’était de transposer le coup de pinceau de Jan Van Eyck à la
pointe de mon crayon.Cordero místicom’a fait aborder le dessin d’une man. D’habitude, je construis mon tableau à partir de croquis rapides, d’indications sommaires et changeantes, sans détails. Ici mon trait précis, d’une sûreté parfaitement contrôlée, produisait desécritures nouvelles, un rendu expressif, une interprétation singulièrequi n’est pas la mienne, il m’a obligé à modifier ma technique

 

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Exposition du 13 Juin au 13 septembre 2020
Du mardi au dimanche
De 15h à 19h
Tarif
normal :5 euros
Tarif réduit:
3 euros
Gratuit pour les moins de 18 ans
CAC Àcentmètresducentredumonde
3, avenue de Grande Bretagne
66000 PERPIGNAN
contact@acmcm.fr / 04 68 34 14 35

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