Caroline MILIN et Renée BOUIGUE exposent leur affectueuse vision de la femme à l’hôtel Qualit

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Caroline MILIN fait preuve d’un dynamisme et d’une créativité renouvelée dans un style original et très personnel. Cette exposition présente des extraits de deux séries différentes: “Métamorphose” de 2014 et “Sans concession” de 2016, sorte de chronique de sa maturité, de son évolution, de ses influences.
Les toiles de “Métamorphose” constituaient un tournant dans sa création artistique: des visages aux frontières de l’abstrait et du figuratif, des couleurs plus subtiles qui créent une vibration et des jeux de transparence laissant apparaître un univers en suspension. La métamorphose comme art du devenir entre réel, imaginaire et symbolique.
Cette nouvelle direction conservait l’essence même de son langage artistique. Les visages féminins aux regards absorbés par la rêverie ou directement dirigés vers le spectateur, s’effacent ou apparaissent au cœur d’un univers flottant où des formes constituent un autre décor.

La deuxième série “Sans concession” dévoile une part plus personnelle de l’artiste puisqu’elle utilise l’autoportrait au cœur d’un voyage initiatique accompagné de symbole ancestraux.
Encrée dans la réalité des relations humaines et sensible à la question du corps, du visage, du regard et de l’identité dans notre société, Caroline Milin nous emmène au cœur d’un univers intemporel où se mêlent paysages intérieurs et fragments de portraits.

Après les couleurs fortes, nous entrons dans un décor de désert ensablé où se mêlent les bruns et les dorés, où l’envol d’un aigle va côtoyer les cercles de la fleur de vie offerts par des mains grandes ouvertes.
Son utilisation de techniques mixtes: peinture acrylique, huile, pastel gras, fusain, encres, collage et empreinte, crée une profondeur dans le décor fait de transparence et de superpositions. Ces strates sont autant de pensées, de sentiments et d’émotions qui emplissent notre être.

La ligne apparaît, un regard, un visage plus ou moins prononcé, plus ou moins envahi par ce paysage flottant de la conscience. Elle révèle l’essence du visage, l’essence de l’humain, l’essence de l’Autre.
Si le processus créatif débute par une impulsion rapide, un travail très gestuel guidé par l’émotion, les étapes successives deviennent plus contrôlées et construisent peu à peu un ensemble d’où jaillit la forme empreinte d’une tranquillité en suspens.

Fond et forme s’enchevêtrent telle une lutte inlassable entre l’être et le paraître, le sensible et le masque.
Renée BOUIGUE, catalane et sculpteure, a de la femme une vision sensible et différente.
Formée aux Beaux-Arts de Perpignan en céramique, puis à l’atelier Médiane, elle s’est tournée, presque par hasard vers le modelage. Elle ne sculpte presque exclusivement que des corps de femmes, et pas n’importe lesquels, des corps de catalanes. Des corps de femmes, comme dirait Brassens, “un tantinet rondelettes”, aux formes généreuses, arrondies, qui ont attirées la main du sculpteur, mais sans doute aussi celle du spectateur.
Certains corps, par leur générosité, tendent vers la “Pachamama”, déesse essentielle de la culture andine, symbolisant la fécondité et le lien fondamental à la terre.

Il n’y a pas de sexualité racoleuse dans ces poses abandonnées, mais une plastique sensuelle, épanouie, respectueuse, devant laquelle on ne peut s’empêcher de retrouver l’univers de Aristide Maillol, le plus important représentant de la sculpture typiquement catalane et en même temps universelle.
Renée Bouigue travaille la terre cuite et occasionnellement traduit en bronze quelques œuvres dont la matière renforce encore la plénitude.
Deux femmes artistes, deux sensibilités, deux techniques, une même sincérité dans la traduction de leurs émotions, une expo qui célèbre l’éternel féminin dans sa diversité.
Exposition du 20 janvier au 17 février, tous les jours de 11 à 19:00 h.
Hôtel QUALITY Centre del Mon 35
boulevard St-Assiscle (complexe de la gare TGV) Perpignan

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